Le 9 février 2026, Yann LeCun énonçait sur son compte Twitter que la France dispose depuis 2019 d’un cluster GPU dédié à la recherche en Intelligence Artificielle (IA). Il soulignait l’effort important du gouvernement dans les infrastructures de recherche.
La pertinence du choix opéré par les pouvoirs publics nationaux à travers GENCI trouvait déjà une confirmation dans le rapport de la Cour des Comptes en 2023 : « La mise en place d’un tel supercalculateur dans le cadre de la stratégie nationale en IA était une mesure pertinente, répondant à un réel besoin. Les résultats d’une consultation menée dans le cadre de l’enquête auprès de la communauté de chercheurs en IA confirment ce bien-fondé. ».
Avec le supercalculateur Jean Zay mis à disposition depuis 2019 par GENCI à l’IDRIS, le centre de calcul du CNRS, les chercheurs, aussi bien dans le champ académique qu’industriel (startups, PME, grandes entreprises) ont accès gratuitement à ces ressources au titre de la recherche ouverte avec un accompagnement humain (support utilisateurs) mis en place par le CNRS dans le cadre du PNRIA (Plan National de Recherche en IA).
Après les annonces du Président de la République en 2023 à Vivatech, une quatrième extension de la machine Jean Zay a été acquise par GENCI auprès d’Eviden en 2024 comportant notamment 1 456 GPU H100 NVIDIA. Inaugurée en mai 2025, cette nouvelle partition confère à Jean Zay le statut de vaisseau amiral en matière d’IA au service de la recherche. En effet, Jean Zay est devenue, avec près de 1700 projets de recherche soutenus en 2025, la machine académique la plus utilisée en Europe pour la recherche recourant à l’IA. Ses ressources sont complétées depuis 2023 par les capacités déployées sur Adastra, au sein du CINES, avec plus de 1 500 GPU AMD MI250x et MI300A.
De très nombreux domaines de recherche et d’innovation bénéficient cette puissance accrue : recherche biomédicale, analyse de données astronomiques, mise au point de modèles pour la conduite autonome, conception de nouveaux matériaux, nouvelles énergies, agriculture, aide à la décision, culture, etc.
À gauche : le supercalculateur Adastra équipé d’accélérateurs MI250X.
À droite, Adastra 2, équipe d’accélérateurs MI300A
Plus spécifiquement concernant les projets en IA soutenus par GENCI sur ses moyens de calcul, il nous faut distinguer entre les ressources pour l’IA en tant qu’objet de recherche porté par le Comité Thématique 10, et celles consistant à mettre l’IA au service de l’activité scientifique portée maintenant par tous les autres Comités Thématiques (CT) scientifiques.
Ainsi 2025 a été la première année au cours de laquelle GENCI a alloué plus d’heures de calcul dans cette thématique dite « IA pour Science » que dans la thématique IA « classique » (incluant le traitement des langues, la vision, la robotique, l’IA agentique…). Ce résultat valide le choix fait en 2019 par GENCI et le CNRS de la convergence de ces deux typologies d’usages sur une même machine, catalysant le rapprochement entre la communauté de la simulation numérique et celle de l’intelligence artificielle.
2025 a également vu la mise sur pied du projet européen AI Factory France piloté par GENCI et Inria comme Agence de programme numérique, constituant une suite et une amplification majeure du dispositif mis en place. Elle formalise une ambition française et européenne pour la diffusion de l’IA au service de la science, de l’innovation et des services publics, notamment au service de 12 verticales métiers comme la santé, l’aéronautique, les sciences de la terre, les matériaux du futur, la défense, l’agriculture ou la robotique pour n’en citer que quelques-unes.
En fédérant des acteurs issus de la recherche et de l’innovation au sein des 19 AI Factories en Europe, AI Factory France offrira un point d’entrée unique (one-stop shop) pour la fourniture de d’infrastructures, de gestion des talents et de formation, d’expertise en HPC, IA et datascience, de mise à disposition de modèles, jeux de données et outils et enfin de services innovants pour les startups pleinement intégrés dans une vision européenne.
Le bilan de 2025 sur l’usage de ces ressources nationales en IA démontre que le pari de la convergence des technologies et des usages constitue une piste gagnante, piste qu’il importera de poursuivre en raison d’une demande désormais chroniquement supérieure à l’offre de calcul disponible. L’effet de saturation sur Jean Zay ayant en effet atteint un facteur cinq sur l’exercice écoulé.
Vue de la partie supérieure de la partition Jean Zay 4.
Les éléments graphiques ont été conçus par le collectif Obvious
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