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L’IA au service de la santé mentale : décrypter les plis du cerveau pour mieux comprendre les maladies neuropsychiatriques

Alors que la santé mentale est la Grande cause Nationale pour 2025, retour sur un projet porté par Jean-François Mangin, chercheur au sein de Neurospin (Centre spécialisé du CEA) consistant à utiliser l’intelligence artificielle pour décrypter les plissements du cortex cérébral. 

27 novembre 2025

  • Autres applications

Un langage caché dans les plis du cerveau ?

Ces plis, aussi uniques que des empreintes digitales, se forment pendant la grossesse et restent stables après la naissance. Ils pourraient contenir des informations précieuses sur des maladies neuropsychiatriques comme la schizophrénie, l’autisme ou l’épilepsie.

L’idée qui préside à ce projet est de créer un "langage des motifs" du cortex, comparable à des idéogrammes chinois. Chaque motif est écrit différemment d’un cerveau à l’autre, mais leur sens resterait universel. Et chaque cerveau ne s’écrit qu’avec un nombre limité des motifs de ce langage. Grâce à l’IA, les chercheurs espèrent identifier des anomalies spécifiques liées à des pathologies, en s’appuyant sur une base de données de 100 000 cerveaux combinant imagerie, génétique, clinique et comportement.

Champollion : l’IA qui déchiffre le cerveau

Le projet, baptisé "Champollion" en référence au déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, repose sur des modèles de fondation entraînés sur des milliers de cerveaux. L’objectif est de découvrir des liens entre les plissements corticaux, la génétique et les troubles du développement. 

Pour Jean-François Mangin, ces motifs pourraient aussi éclairer des questions fondamentales, comme l’origine du langage chez l’Homme. En collaboration avec des paléoanthropologues et des primatologues, l’équipe compare les plissements du cortex de Sapiens avec ceux d’espèces éteintes ou de chimpanzés, afin de retracer l’évolution de notre cerveau.

Le rôle clé du supercalculateur Jean Zay

Ce projet d’envergure nécessite des ressources de calcul massives, fournies par le supercalculateur Jean Zay. Grâce à lui, les chercheurs peuvent traiter des bases de données internationales, comme UK Biobank, et développer des algorithmes capables d’analyser des IRM cérébrales .

Vers une médecine personnalisée du cerveau ?

Les applications potentielles sont vastes : de la psychiatrie à la neurologie, en passant par l’étude de l’évolution humaine. Avec Champollion, l’IA ne se contente pas d’analyser des images : elle apprend à interpréter une nouvelle forme de langage biologique.

En combinant génétique, imagerie et puissance de calcul, ce projet pourrait bien révolutionner notre compréhension du cerveau et ouvrir la voie à des thérapies personnalisées.

 

Pour en savoir plus :

  • Article publié dans Les Échos 
  • Le programme "Audace"dans lequel s'inscrit le projet Champollion sur la page du CEA 

     

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